Le coût de l’alcool

« L’alcool coûte beaucoup plus en termes de santé qu’il ne rapporte en revenus »

Le mois de janvier est l’occasion pour chacun·e de se poser la question de son rapport à l’alcool. Occasionnel ? Festif ? Social ? Ou plus de que ça ? 

Au-delà de l’approche individuelle, c’est un véritable enjeu de société qui se pose. 

Le coût de l’alcool pour la société
« L’alcool coûte beaucoup plus en termes de santé qu’il ne rapporte en revenus », déclarait le Dr Emmanuel Ricard, directeur du service prévention de la Ligue contre le cancer, à l’AFP. En effet, l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives chiffre ce montant à 102 milliards d’euros par an après avoir retranché les bénéfices issus des recettes des taxes sur l’alcool et l’économie sur les retraites non versées aux personnes mortes prématurément. 

Un coût encore plus élevé pour les femmes et les enfants 

Facteur de risque de nombreuses maladies (cardiovasculaires, cancers…), l’alcool joue également un rôle accélérateur dans les violences intrafamiliales selon un rapport publié par l’OMS en décembre dernier. 

Ce qu’on sait moins, c’est que l’alcool est également la première molécule utilisée dans le cadre de soumissions chimiques. Or, les mentalités peinent à évoluer sur le sujet, puisque pour un Français sur quatre, si une victime d’agression sexuelle était alcoolisée, il ne s’agit pas d’un viol (Ipsos, 2022). Pourtant, d’un point de vue légal (et moral), l’alcool constitue un facteur aggravant pour l’agresseur présumé. 

L’historienne Lucile Peytavin, autrice du « Le coût de la virilité » (Michel Lafon), a fait parler les chiffres, et ils sont terrifiants : les hommes sont « surreprésentés dans les comportements asociaux et d’addiction dans lesquels l’alcool intervient » : dans 99 % des viols et 97 % des agressions sexuelles par exemple. Elle estime à 95,2 milliards d’euros le coût annuel des violences masculines (comprenant les sanctions judiciaires, conséquences pour les victimes…).

La nécessité de politiques publiques ambitieuses 

Si la consommation d’alcool n’est pas le déclencheur unique de violences, il est un facteur facilitant, voire un médium dans le cas de la soumission chimique. Il semble donc nécessaire d’engager des politiques publiques ambitieuses pour mieux en contrôler la consommation. C’est notamment ce qu’ont réclamé plusieurs associations d’addictologie en 2029 dans leur lettre ouverte « Violences contre les femmes : n’oublions pas le rôle de l’alcool ! ».